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ASSEMBLEE GENERALE – GUEUGNON
Samedi
16 OCTOBRE 2004
COMPTE-RENDU
Maires et Présidents d’E.P.C.I. présents,
représentés ou excusés : voir liste en annexe 1
L’assemblée générale est ouverte
à 9 h 10 par le Président, Robert Rolland qui souhaite la bienvenue aux
150 participants à cette assemblée générale : maires et adjoints,
présidents et vice-présidents de communautés, parlementaires.
Le Président présente ensuite
les excuses de Dominique Juillot, député-maire de Mercurey et de Didier
Mathus, député-maire de Montceau-les-Mines, ainsi que celles des membres
du bureau retenus par leurs obligations : Philippe Baumel, vice-président,
Jean-Luc Vernay, secrétaire général, Bernard Dessendre, secrétaire général
adjoint et Michèle Jugnet.
Il remercie ensuite le maire de
Gueugnon, Alain Bailly, pour la mise à disposition de cette salle du Foyer
municipal, et lui donne la parole pour le traditionnel mot d’accueil.
Après avoir souhaité la bienvenue
à ses collègues et aux personnalités présentes, Alain Bailly rappelle
que si Gueugnon doit sa renommée actuelle à la révolution industrielle
du XIXème siècle et à l’installation des forges, c’est aussi une cité
gallo-romaine dont la production de poteries était réputée. Ville industrielle,
mais aussi ville agricole, Gueugnon compte 9000 habitants. C’est aussi
une ville sportive : l’équipe de football qui évolue en ligue 2 contribue
à la notoriété de la ville.
La restructuration industrielle
opérée il y quelques années ayant entraîné une perte de 2000 habitants,
la municipalité privilégie actuellement quatre axes de développement.
D’abord permettre l’installation des jeunes en pérennisant les emplois :
la ville a décidé d’embaucher ses emplois-jeunes. Développement économique
ensuite par l’accueil de nouvelles entreprises sur les zones industrielles
existantes (zone de Chazey) et les zones nouvelles, comme la zone de la
route de Digoin plus particulièrement destinée aux entreprises du secteur
tertiaire. Développement du centre-ville, par la construction de logement
et la réalisation d’équipements publics pour mettre en valeur les bords
d’Arroux. Développement du tourisme, enfin, par la création d’un office
du tourisme et d’un musée du patrimoine. Le site Internet de la commune
reflète ce dynamisme.
Mais ce dynamisme est conditionné
par la poursuite des activités d’ARCELOR, qui représente 30 à 40 % de
l’économie locale. Aussi Alain Bailly lance-t-il un appel à tous les décideurs
pour travailler ensemble à la pérennisation de cette entreprise connue
dans le monde entier à Gueugnon.
En conclusion de son intervention,
il indique que, comme tous les élus, il s’interroge sur les conséquences
de la décentralisation, des transferts de compétences et de la réforme
de la taxe professionnelle, et remercie l’Association non seulement d’avoir
choisi Gueugnon pour y tenir son assemblée générale mais aussi d’avoir
choisi ces thèmes comme sujet principal de la réunion.
Le Président donne ensuite la
parole à Jean-Marc Nesme, député-maire de Paray-le-Monial.
Jean-Marc Nesme, après avoir souhaité
la bienvenue aux élus présents, constate que peu de gens savent que les
123 communes du pays Charolais-Brionnais, sans grande ville, mais avec
un réseau dense de villes moyennes de 3 à 10 000 habitants, constitue,
en chiffre d’affaires, le 2ème pôle industriel de Saône-et-Loire.
Mais l’industrie n’est pas tout : l’agriculture et le tourisme y
jouent un rôle important.
Cette région qui a subi, il y
a 25-30 ans, une baisse de l’emploi industriel à cause des restructurations,
connaît de nos jours une remontée de ce type d’emploi : exemple Iveco
à Bourbon-Lancy qui a créé 250 emplois.
Le tourisme se développe par la
mise en valeur du patrimoine architectural (roman en particulier), et
du patrimoine naturel du Charolais-Brionnais.
L’agriculture est la spécialité
la plus connue, ne serait-ce que parce ce pays est le berceau de la race
charolaise.
A ces atouts économiques s’y ajoute
la qualité des hommes (acteurs économiques, associations, élus) à l’origine
de nombreuses initiatives. Mais il faut à ces acteurs les moyens de mener
leurs projets à bien : c’est tout le problème de l’équilibre territorial
entre l’urbanisation et la désertification du milieu rural ou semi-rural.
C’est un défi à relever au niveau de l’Etat, de la région et du département.
C’est pourquoi, pour se faire
entendre et construire durablement l’avenir, 123 communes, 11 communautés
de communes représentant 90 000 habitants se sont regroupées dans le syndicat
mixte du pays Charolais-Brionnais, dont le premier contrat de pays devrait
être signé prochainement pour 2005-2006.
En terminant son intervention,
Jean-Marc Nesme tient à saluer tout particulièrement les maires, « fantassins
de la République », attentifs au développement de leur commune et
à l’écoute de leurs concitoyens.
Le Président, après avoir accueilli
Philippe Laurent, maire de Sceaux et président de la commission des finances
de l’Association des Maires de France, et Christophe Sirugue, président
du Conseil Général, rend hommage à Jean Gauthier, Maire de Marly-sous-Issy,
doyen des maires de Saône-et-Loire, qui vient de démissionner de son poste
de maire pour raisons de santé.
Le Président passe ensuite à l’examen
de l’ordre du jour.
En l’absence du secrétaire général
et du secrétaire général adjoint, excusés, le Président donne lecture
du bilan d’activités 2003 (voir annexe 2), et du bilan complémentaire
des activités pour les 3 premiers trimestres 2004. Mis aux voix, le rapport
d’activité est adopté à l’unanimité.
Le Président donne ensuite la
parole à Jean Lautrey, trésorier, pour la présentation du bilan 2003 (voir
annexe 3) et du projet de budget et de cotisations 2005.
Jean Lautrey rappelle que le bilan
financier 2003 se solde globalement par un déficit de 5 635 €, dû en grande
partie à la montée en puissance des actions de l’Association. C’est pour
cette raison que, pour 2004, une augmentation de l’aide du Conseil Général
avait été sollicitée et obtenue puisque votée à l’unanimité. Pierre Corneloup
précise que ce bilan a été approuvé à l’unanimité par le conseil d’administration
lors de sa dernière réunion.
Mis aux voix, le bilan 2003 est
adopté à l’unanimité (le trésorier ne prenant pas part au vote) et quitus
est donné au trésorier.
Jean Lautrey présente ensuite
le projet de budget 2005 tel qu’il a été arrêté par le conseil d’administration
lors de sa réunion du 5 octobre dernier et distribué à tous les participants
au début de cette assemblée générale (annexes 4 et 5). Le but recherché
est de donner les moyens supplémentaires dont l’Association a besoin pour
rendre aux maires et présidents de communautés les services qu’ils sont
en droit d’attendre. Cela passe par un renforcement en personnel et
par le recrutement d’un rédacteur ayant une formation juridique. Le budget
passe donc de 182 886 e à 202 830 €.
Pour ce faire, il est proposé
de solliciter l’aide à la structuration des associations départementales
mise en place par l’A.M.F. (aide dégressive de 15 000 € la 1ère
année, 12 000 € la 2ème et 10 000 € la 3ème ), de
mettre fin au contrat d’assistance juridique avec l’avocat-conseil, de
solliciter du Conseil Général une aide de même niveau qu’en 2004 et d’augmenter
les cotisations de 4 %. Ce chiffre peut paraître important en pourcentage,
mais en valeur absolue cela représente des sommes modiques : 3.48
€ pour Burnand, 4.26 € pour Coublanc, 14.78 € pour Cluny, 17.65 € pour
Montchanin et 61.82e pour Le Creusot.
Le Président met aux voix le projet
de budget 2005, incluant le nouveau barème des cotisations départementales.
Il est adopté à l’unanimité moins une abstention.
La partie statutaire étant terminée,
le Président passe au second point de l’ordre du jour : les finances
locales. Il fait part de son inquiétude au vu du projet de loi de finances
pour 2005 qui prévoit un gel de la partie forfaitaire de la DGF et remercie
Philippe Laurent, maire de Sceaux et président de la commission finances
et fiscalité locale de l’A.M.F. d’avoir fait le déplacement pour répondre
aux questions que se posent les élus à propos des nouvelles compétences
transférées et de la réforme de la taxe professionnelle.
Philippe Laurent, après avoir
remercié l’A.M.S.L. de son invitation, reconnaît que les élus peuvent
avoir des inquiétudes dans le domaine des finances locales et qu’ils doivent
rester vigilants.
Cependant, les collectivités locales françaises
sont globalement plutôt en bonne santé financière, si on les compare à
l’Etat ou aux collectivités d’autres pays européens. Trois raisons à cela :
la baisse des taux d’intérêts ces 15 dernières années, une augmentation
lente mais régulière de la pression fiscale et la forte augmentation des
bases de taxe professionnelle (abstraction faite de la suppression de
la part salaires). Ces trois facteurs, plus une bonne gestion ont permis
aux collectivités locales françaises d’améliorer la qualité de vie et
des services à la population, et ce malgré des dotations d’Etat stagnantes.
Or, ces trois éléments favorables ne joueront
plus guère à l’avenir : les taux d’intérêts ont atteint un niveau
très bas, la pression fiscale a ses limites et la taxe professionnelle
dont le mode de calcul des bases (sur les investissements et les immobilisations),
ajouté à la croissance, fait qu’elles ne peuvent qu’augmenter, est en
cours de réforme, et il est probable que les bases ou les dotations de
substitution n’augmenteront pas aussi vite dans l’avenir.
Aussi, les élus, au travers de leurs associations
locales et nationales, doivent-ils réfléchir à ce qui va se passer dans
les années qui viennent et prendre position vis-à-vis de la population
et vis-à-vis des partenaires des collectivités locales. C’est la vraie
question qui se pose aujourd’hui, et ce n’est pas un hasard si le congrès
de l’A.M.F. qui aura lieu en novembre a pour thème central les moyens
de la décentralisation. Par moyens, il faut bien sûr entendre les moyens
financiers, mais aussi les moyens humains, car la fonction publique territoriale
doit être attractive pour pouvoir recruter dans les 10 ans qui viennent
500 000 nouveaux fonctionnaires pour remplacer ceux qui vont partir à
la retraite.
Concernant les réformes en cours de discussion,
la première concerne la DGF. En 2004, une première étape a été franchie,
avec l’inclusion dans la part forfaitaire de la compensation de la part
salaires de la taxe professionnelle. Le Comité des Finances Locales a
constitué un groupe de travail qui a remis en avril 2004 un rapport au
gouvernement sur l’architecture des dotations, en suggérant des réformes
visant à plus d’équité dans les dotations et à plus de péréquation. Une
partie de ce rapport a été repris dans le projet de loi de finances 2005.
Le constat a été fait que la dotation forfaitaire
a augmenté moins vite (+6.4 %) que l’inflation (+10 %). D’où une perte
de pouvoir d’achat importante, surtout pour les communes qui ne touchent
pas, en complément, la Dotation de Solidarité Urbaine ou la Dotation de
Solidarité Rurale.
Le Comité des Fiances Locales a proposé que
la dotation forfaitaire comprenne deux parts : l’une calculée en
fonction du nombre d’habitants, avec un montant par habitant variable
selon la taille de la commune, l’autre en fonction de la superficie. Le
projet de loi de finances 2005 a repris cette proposition en fixant la
dotation par habitant de 50 à 125 € et 3 € par hectare. Si la dotation
ainsi obtenue est supérieure à la part forfaitaire 2004, la commune touchera
plus. Cela devrait concerner un nombre peu important de toutes petites
communes. Si c’est l’inverse, la commune touchera une dotation de garantie
de façon à ne pas toucher moins. Cette dotation sera indexée différemment
de la dotation par habitant et évoluera moins vite de façon à disparaître
progressivement.
Sur ces propositions, Philippe Laurent tient
à faire deux remarques.
Pour 2005, le projet de loi de finances a
prévu un gel de la dotation forfaitaire pour pouvoir dégager 120 M € supplémentaires
à affecter à une centaines de villes ayant des quartiers difficiles dans
le cadre du projet de loi de cohésion sociale. L’A.M.F., à l’unanimité,
a pris position contre cette proposition, et ce pour 4 raisons :
les communes ont perdu du pouvoir d’achat puisque la dotation forfaitaire
a augmenté moins vite que l’inflation, le gel de la dotation forfaitaire
représente 0.5 à 1 point d’impôts locaux en plus, les charges des communes
augmentent plus vite que l’inflation (l’A.M.F. va publier, pour le congrès,
l’indice du « panier du maire » qui représentera l’évolution
des dépenses courantes des communes), et enfin, avec le retour de la croissance
et grâce à la reconduction du contrat de croissance et de solidarité,
l’enveloppe globale de la DGF augmentera de 3 % et il n’est pas normal
que les communes, au travers de la dotation forfaitaire, n’en profitent
pas. Ce point fera l’objet du débat parlementaire.
Seconde remarque concernant la dotation par
habitant. L’A.M.F. a demandé à ce que l’écart ne soit plus de 50 à 125
€, mais de 60 à 120 €/habitant. Là aussi, il y aura débat.
En conclusion, d’autres modifications complètent
ce dispositif, comme la réforme du mode de calcul du coefficient d’intégration
fiscale et la transformation du potentiel fiscal en potentiel financier
par l’ajout des dotations d’Etat aux ressources propres des collectivités.
Sur la réforme de la taxe professionnelle,
Philippe Laurent rappelle que, suite aux déclarations du Président de
la République, la commission Fouquet a été mise en place et que plusieurs
scénarios ont fait l’objet de simulations.
La réforme consisterait à remplacer les bases
actuelles par la prise en compte d’agrégats comptables, tels que la valeur
ajoutée, l’excédent brut d’exploitation, avec cependant un maintien de
la prise en compte des valeurs locatives, mais pas au niveau actuel. Or,
tous les scénarios envisagés conduisent à la mise en place d’un système
avec un taux national basé, par exemple, sur la valeur ajoutée. Le produit
de la TP serait ensuite reversé aux collectivités en fonction de la localisation
et de l’importance des établissements.
L’A.M.F. s’est prononcée contre cette « nationalisation
de la taxe professionnelle » et demandé que les collectivités territoriales
puissent garder la maîtrise du taux d’imposition. Rien n’étant encore
décidé, il est important que les élus se positionnent dès maintenant sur
ce sujet.
Car, et c’est là tout le débat, il y a deux
conceptions de la taxe professionnelle. Il y a ceux pour qui c’est un
impôt qui doit être acquitté par les entreprises en fonction de leur capacité
contributive. L’entreprise dégage de la valeur ajoutée : elle paie,
elle ne dégage pas de valeur ajoutée : elle ne paie pas. Il y a,
à l’opposé, les élus locaux qui voient la taxe professionnelle comme un
élément qui doit être intégré dans le coût de production et comme la rémunération
de la commune pour services rendus à l’entreprise : les infrastructures,
les équipements pour le personnel et leur famille, tout cela coûte à la
collectivité. Et la taxe professionnelle participe au financement de cette
dépense. Or, le débat entre ces deux façons de voir a été posé, mais il
n’a pas été tranché clairement. D’où les hésitations et les incertitudes
actuelles.
Philippe Laurent aborde ensuite le dernier
point des réformes à venir : l’adossement de redevance audiovisuelle
à la taxe d’habitation. Sur le principe, pas d’objection majeure. Sauf
qu’il faut que ce soit clair pour le contribuable et que cela n’apparaisse
pas comme une augmentation de la taxe d’habitation. C’est pour cela que
la commission des finances de l’A.M.F. a demandé qu’une campagne de communication
soit conduite à l’automne prochain.
Quant aux économies réalisées par l’Etat
(20 millions de formulaires en moins à envoyer et à traiter, 1400 postes
de fonctionnaires), l’A.M.F. a demandé qu’une partie soit redonnée aux
communes ou que les frais d’assiette (actuellement de 8 %) soient réduits,
sans grand succès jusqu’à présent…
Le Président remercie Philippe Laurent pour
la clarté de son exposé et ouvre le débat.
Jean Lautrey, tout en reconnaissant que les
bases actuelles et le mode de calcul de la taxe professionnelle défavorise
l’industrie au détriment des services et que ce point mériterait d’être
revu, souhaite que l’on ne fasse pas porter à cet impôt la responsabilité
des délocalisations. Les principales difficultés, pour une entreprise,
sont plutôt les contraintes liées au travail, aux normes et aux réglementations
de tous ordres.
Philippe Laurent confirme, en indiquant qu’avant
que la part salaire ne soit supprimée, la taxe professionnelle pesait
pour 2.8 % dans le coût du travail, contre 60 % pour les charges sociales.
Le discours à propos des charges basées sur la masse salariale est d’ailleurs
surprenant : les élus de toutes tendances estiment que la taxe professionnelle,
en incluant la part salaire était un impôt anti-économique qui pesait
sur l’emploi, alors que personne ne parle du versement transport…
Michel Maya (Tramayes), propose non pas une
réforme des finances locales, mais une révolution qui passerait par l’établissement
de budgets hors taxes, en fonctionnement et en investissement, pour les
collectivités. Ce serait un gain de temps et une simplification dont tout
le monde, services de l’Etat et collectivités bénéficierait.
Philippe Laurent rappelle qu’il avait fait
cette proposition il y a une quinzaine d’année, en ajoutant une autre
justification à celles qui ont été données par le maire de Tramayes, à
savoir qu’il n’y a pas égalité de traitement, au regard du FCTVA, entre
les communes qui réalisent des travaux d’investissement en régie et celles
qui font appel à des entreprises extérieures. Malheureusement, cette proposition
n’a jamais été discutée.
Jacques Charlet, Trésorier Payeur Général,
propose, pour ces problèmes de TVA et de FCTVA, d’organiser des formations
par l’intermédiaire du C.N.F.P.T. et avec le concours des services fiscaux
et des comptables.
Jean Girardon (Mont-Saint-Vincent) estime
que la réforme de la taxe professionnelle, telle qu’elle est annoncée,
va transformer les élus en répartiteurs d’enveloppes financières et remettre
en cause la responsabilité des élus pour lever l’impôt et en fixer le
taux. Ce serait une retour à la situation d’avant la première décentralisation
des années 80.
Philippe Laurent lui répond que la situation
serait pire, puisque avant 1980 les élus votaient un produit. Ils pouvaient
donc l’augmenter. Avec la répartition d’un impôt national au plan local,
les élus devront faire avec ce qu’on leur donne. Attention cependant,
rien n’est encore décidé sur le plan législatif. Mais c’est le sentiment
des élus qui participent à la commission Fouquet. Les élus et leurs associations
doivent donc prendre position dès maintenant sur ce sujet.
Car la réforme de la taxe professionnelle
est difficile. Il est évident qu’en supprimant la part salaires pour ne
garder que les investissements et les immobilisations, cela allait favoriser
les services au détriment de l’industrie.
En réponse à Pierre Bitouzet (Savianges),
qui constatait que pour beaucoup de communes rurales, la taxe professionnelle
représentait des sommes minimes et que le vrai problème était la péréquation
entre communes ayant des bases de TP très élevées et communes sans bases
de TP ou presque, Philippe Laurent explique que, outre une assiette anti-économique,
cet impôt souffre aussi de l ’inégalité de la répartition des bases,
même si ce phénomène peut être atténué par l’intercommunalité et l’adoption
de la TPU, qui ouvre le droit à une DGF bonifiée.
En réponse à Robert Rolland qui
déplore une baisse constante de la DGF des communautés de communes, Philippe
Laurent indique que, le montant de la DGF de chaque communauté étant fonction
de la position relative (évaluée par le coefficient d’intégration fiscale)
de chaque communauté par rapport aux autres, il est difficile de prévoir
son montant, même si des mécanismes de garantie ont été mis en place.
Il rappelle la position de l’A.M.F. qui souhaite une pause dans les transferts
(ce qui stabiliserait les dotations) et une consolidation de l’intercommunalité,
plutôt que l’encouragement systématique des transferts de compétences
des communes aux communautés.
Philippe Laurent confirme à Daniel
Nicolas (Sercy) que pour les gendarmeries, la commune ne peut prétendre
au FCTVA que s’il y a mise à disposition gratuite du bâtiment à l’Etat,
et que le projet de loi de finances 2005 prévoit que le résultat des recensements
(général ou complémentaire) sera pris en compte à 100 % (et non plus à
50 %) comme paramètre de calcul de la DGF.
A Gisèle Goubard (Paris-l’Hôpital)
qui s’étonne qu’un habitant de la campagne vaille moins qu’un habitant
des villes, Philippe Laurent indique que ce point est un sujet de débat
permanent au sein de l’A.M.F. et de la commission des finances et que,
l’écart actuel de DGF par habitant étant de 1 à 30, l’A.M.F. souhaite
le ramener de 1 à 2. Tout en précisant également que le niveau d’imposition
est généralement moins élevé à la campagne qu’à la ville.
Concernant la perception de la
redevance audiovisuelle avec la taxe d’habitation, Philippe Laurent précise
à Michel Verot (Charnay-les-Chalon) que les personnes qui étaient exonérées
continueront de l’être. Abel Barnaud (CC du canton de Semur-en-Brionnais)
pose le problème du remboursement du contingent d’aide sociale aux communes
par les communautés de communes. On constate que le montant remboursé
aux communes augmente, alors que la DGF d’intercommunalité baisse. René
Beaumont indique que, sur le plan législatif, il sera difficile de revenir
en arrière, car souvent cette compétence avait été transférée pour faire
augmenter la DGF. Philippe Laurent précise par ailleurs que ces dotations
de compensation, y compris la dotation de solidarité ne seront plus prises
en compte pour le calcul du coefficient d’intégration fiscale. En réponse
à Guy Revirard (Navilly) qui dénonce le taux de la taxe d’enlèvement
des ordures ménagères beaucoup plus élevé dans les communes que dans les
villes, Philippe Laurent explique cette différence par le fait que les
valeurs locatives du foncier bâti sont plus élevées en ville qu’à la campagne
et surtout que le coût du service n’est pas le même. Enfin, Philippe Laurent
s’engage à vérifier si, comme le demande Bernard Jaillot (La Motte-Saint-Jean),
il existe une subvention pour exonération fiscale pour les forêts qui
bénéficient d’une exonération d’Etat pour le foncier non bâti.
Le Président remercie Philippe
Laurent et tous les intervenants pour la qualité de ce débat, puis donne
la parole à Jacques Charlet, trésorier payeur général pour faire le point
sur les changements engagés dans le cadre du programme « Bercy ensemble ».
Jacques Charlet indique qu’il
se limitera aux éléments qui, dans Bercy Ensemble, intéressent la gestion
financière locale.
-
l’amélioration de la production des comptes : au 15 mars,
les 2/3 des communes étaient en possession des comptes de l’année précédente.
Pour 2005, l’objectif est d’arriver à 75 %. Cette accélération de la remise
des comptes passe par la limitation du nombre des opérations passées au
titre de la journée complémentaire. Une circulaire récente en préconise
d’ailleurs la réduction.
-
un interlocuteur financier et fiscal unique : depuis le 1er
juin 2004, les attributions du Centre Départemental d’Assiette ont été
transférées aux comptables. De plus, un service de la fiscalité directe
locale a été créé au sein de T.G. Et les études financières faites par
ce service sont neutres, discrètes et gratuites.
-
la charte de partenariat ordonnateur-comptable : de nombreuses
communes et communautés l’ont signée, mais elle a besoin d’être actualisée
et adaptée aux circonstances actuelles et aux nouvelles technologies.
-
le projet Hélios : c’est un nouveau logiciel comptable qui
sera mis en service pour les plus grandes communes en 2005, puis étendu
à toutes les autres en 2006 et 2007. Une formation du personnel sera à
prévoir.
Le Président remercie le T.P.G. de son exposé
et donne la parole à Christophe Sirugue, Président du Conseil Général.
Se réjouissant de l’occasion qui lui est
donnée, à l’occasion de cette assemblée générale, pour exposer les orientations
de la nouvelle majorité du Conseil Général vis-à-vis des communes, le
Président du Conseil Général indique qu’il souhaite que ces relations
soient basées sur la confiance (pas de tutelle d’une collectivité sur
un autre) et sur la franchise.
En effet, depuis le vote de la loi «libertés
et responsabilités locales» qui modifie les relations entre l’Etat et
les collectivités locales, le contexte a changé. Les charges transférées
aux départements sont importantes, et les promesses de compensation n’effacent
pas les inquiétudes, comme en témoigne la motion adoptée à l’unanimité
par les Présidents de Conseils Généraux à l’occasion de leur récent congrès
et demandant au premier Ministre un état des lieux contradictoire avant
de procéder aux transferts prévus.
2005 sera, budgétairement, une année difficile,
mais moins que 2006 et 2007 où les effets des transferts se feront pleinement
sentir. En effet, il faudra tenir compte, en plus, de l’épuisement des
crédits européens, des reports des engagements de l’Etat, même quand ceux-ci
sont actés au contrat de plan.
Aussi est-il nécessaire de clarifier les
choses, car il est nécessaire que les communes, les communautés et le
Conseil Général travaillent ensemble au développement du département.
Le FDAEC et le FDAVOC ne seront pas supprimés, mais une réforme est à
l’étude pour que la participation du département soit plus pertinente
et plus conséquente. Il n’y aura pas de révision à la baisse des aides
aux communes rurales, car le Conseil Général est très attaché à l’équilibre
des territoires. Par contre, le repas des maires et les réunions d’arrondissement
seront supprimées et le Conseil Général réfléchit à leur remplacement
par d’autres rencontres plus efficaces et plus interactives, comme le
salon Cité 71 qui doit se tenir à Mâcon début 2005.
Le Conseil Général a les mêmes préoccupations
que les communes : la disparition des services publics, dans les
campagnes, mais aussi dans les zones urbaines sensibles, la désertification
médicale, la difficulté à attirer des entreprises dans certains secteurs
du département. C’est pourquoi le Président du Conseil Général propose
aux maires d’allier le savoir-faire et les forces des uns et des autres
et d’œuvrer en partenariat, en choisissant des projets en fonction des
priorités définies ensemble et que le Conseil Général soutiendra, car
les difficultés financières à venir font que le département ne pourra
pas soutenir tous les projets.
La réforme des aides aux communes et aux
communautés, c’est intervenir plus fortement sur des projets structurants
et donner plus de souplesse aux règlements pour mieux coller aux réalités
du terrain. La nouvelle majorité réfléchit à « sortir » les
zones urbaines des enveloppes FDAEC et FDAVOC, car la politique de la
ville pose une problématique particulière. Elle réfléchit à la création
d’une aide en faveur des pays pour les aider à porter leurs projets. Elle
réfléchit à la fusion du FDAEC, du FDAVOC et du FDAVER en un seul fonds
pour mieux soutenir les projets importants choisis par les élus. Elle
réfléchit enfin à l’accompagnement financier des dépenses des toutes petites
communes qui n’ont pas forcément un projet important tous les ans.
Ainsi, les maires et les présidents de communautés
auront la responsabilité d’établir des priorités, en liaison avec le Conseil
Général. Après une année expérimentale, il faudra faire un bilan et proposer
les adaptations nécessaires.
Le Conseil Général entend placer son action
sous le signe de la solidarité (solidarité avec les personnes en difficultés
depuis que la loi du 13 décembre 2003 a consacré le département comme
pilote des politiques d’insertion et de cohésion sociales, solidarité
entre les territoires et les hommes) et de la défense de l’emploi, ce
qui passe par une mobilisation de tous les acteurs politiques, économiques,
associatifs et par une réforme des aides départementales.
Pour conclure, le Président du Conseil Général
souhaite un partenariat guidé par l’intérêt public dépassant les clivages
politiques pour servir les habitants du département.
Le Président donne ensuite la parole à Jean-Paul
Emorine, sénateur de Saône-et-Loire, maire de Sennecey-le-Grand.
S’exprimant au nom des 3 sénateurs, Jean-Paul
Emorine indique qu’au travers de leurs fonctions respectives au Sénat
(Jean-Patrick Courtois à la commission des lois, René Beaumont et lui-même
à la commission des affaires économiques), il demeurera très attentif
aux problèmes des communes, notamment des plus petites.
Concernant les transferts prévus par la loi
« Libertés et responsabilités locales », qui touchent essentiellement
les régions et les départements, il rappelle que la loi inscrite dans
la Constitution garantit que tout transfert de compétences doit être accompagné
du transfert des moyens correspondants. Le respect de ce principe réside
dans la faculté donnée aux Présidents de l’Assemblée Nationale ou du Sénat,
ainsi qu’aux groupes parlementaires de saisir le Conseil Constitutionnel
si tel n’était pas le cas. Ce dispositif nouveau permettra d’éviter les
transferts sans compensation comme les collectivités en ont connu. Ainsi,
le département, où les 6 M € de la Prestation Spécifique Dépendance sont
devenus 38 M € avec l’Allocation Personnalisée d’Autonomie, l’Etat n’en
compensant qu’un tiers, ou l’obligation pour toutes les collectivités
de passer aux 35 heures sans compensation.
Concernant la nouvelle politique annoncée
par le Président du Conseil Général, et en tant que leader de l’opposition,
il attendra d’en voir l’efficacité et les résultats pour se prononcer.
En effet, l’essentiel est d’être attentif aux problèmes des communes et
de leurs élus, aussi bien dans les zones rurales qu’en ville, et à leur
souci d’améliorer la qualité de vie de leurs concitoyens.
Pour conclure, Jean-Paul Emorine indique
que les 3 sénateurs inviteront les maires présents au congrès de l’A.M.F.
à Paris à une visite du Sénat programmée le mercredi 17 novembre.
Le Président donne ensuite la parole à M.
le Préfet pour la conclusion de l’assemblée Générale.
M. le Préfet, après avoir remercié les maires
pour l’action qu’ils conduisent au quotidien, reconnaît que l’ inquiétude
des élus est, en partie, justifiée : situation économique mondiale
difficile, croissance économique mise en péril par l’augmentation des
prix de l’énergie, etc… Pour autant, la priorité du gouvernement, au travers
du projet de loi de finances pour 2005, est le remboursement de la dette
qui atteint globalement 1000 Mds €. Malgré cela, pour les dotations aux
collectivités locales, le projet de budget 2005 prévoit +2.87 % globalement,
et + 3.29 % pour la seule DGF. Et les 3 €/ha constituent une novation
importante pour les communes rurales, dont le critère « superficie »
est pris en compte. Toute la difficulté se situe au niveau de la répartition
de l’enveloppe par le Comité des Finances Locales.
Pour 2004, au niveau départemental, l’ensemble
des dotations aux collectivités se monte à 310 M €, soit 15 % de plus
qu’en 2003 (269 M €).
A propos de l’inquiétude manifestée par les
élus concernant les services publics, et notamment La Poste, M. le Préfet
a rappelé au Directeur départemental de La Poste que la Commission de
Présence Postale devait être saisie avant toute proposition de modification
de service, comme cela est prévu dans le contrat signé entre l’Etat et
la Poste.
M. le Préfet indique que la décentralisation
va aussi avoir pour conséquence une réforme des services de l’Etat. On
va vers une régionalisation des procédures et la présence des services
de l’Etat sera différente de ce qu’elle est actuellement.
M. le Préfet termine en se félicitant de
l’esprit public qui règne dans ce département dont les élus, quels que
soient leur engagement politique et les services de l’Etat savent se mobiliser
et travailler ensemble sur les dossiers importants.
Le Président remercie à nouveau les élus
présents et tous les intervenants, et clôt l’assemblée générale à 12 h
45.
| Le Trésorier |
Le Président |
| |
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| Jean Lautrey |
Robert Rolland |
(retour) 
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